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Témoignages

"L'ukulélé a changé l'ambiance de notre école" — École Jules Ferry

28 janvier 2026Mis à jour le 14 mars 20268 min de lecture
"L'ukulélé a changé l'ambiance de notre école" — École Jules Ferry

En bref

L'école Jules Ferry à Nantes utilise Kid&Zic depuis septembre 2025 avec 12 enseignants et 280 élèves (cycles 1, 2 et 3). Après un an, 100 % des enseignants utilisent l'ukulélé au moins 3 fois par semaine, 8 ont instauré un rituel musical quotidien de 10 minutes — conformément aux résultats de la méta-analyse de Cepeda et al. (2006, 254 études) montrant la supériorité de l'apprentissage distribué. Le projet est financé via les crédits EAC et la coopérative scolaire (249 €/an pour 10 comptes, soit 17 €/enseignant). Il s'inscrit dans le PEAC (Parcours d'Éducation Artistique et Culturelle) et a été labellisé par la DSDEN Loire-Atlantique.

Comment le projet ukulélé a-t-il démarré à l'école Jules Ferry ?

Tout a commencé par une frustration partagée. Lors d'un conseil des maîtres en juin 2025, Catherine Moreau, directrice de l'école Jules Ferry (Nantes, Loire-Atlantique), a posé la question : « Qui se sent à l'aise pour enseigner la musique ? » Sur 12 enseignants, 2 ont levé la main.

Cette situation n'est pas isolée. Maizières (2011, Éducation & Didactique ; 2013, Recherche & Formation) a montré que de nombreux professeurs des écoles se considèrent insuffisamment compétents pour enseigner la musique, malgré les 72 heures annuelles prévues par les programmes pour les enseignements artistiques.

« On faisait tous de la musique, mais mal, témoigne Catherine. Un CD qu'on passait en fond sonore, des comptines chantées a cappella sans trop d'enthousiasme. On savait que les élèves méritaient mieux, mais aucun d'entre nous n'était musicien. »

C'est un parent d'élève, guitariste amateur, qui a mentionné Kid&Zic lors d'une réunion de rentrée. Catherine a pris un abonnement Pro (249 €/an, 10 comptes) financé par la coopérative scolaire et les crédits EAC de l'école — un financement conforme au PEAC (Parcours d'Éducation Artistique et Culturelle), qui vise l'accès de 100 % des élèves à l'éducation artistique (circulaire n°2013-073 du 3 mai 2013).

« Le fait que ce soit un seul abonnement pour toute l'équipe a été décisif. On n'avait pas à choisir qui en bénéficierait : tout le monde y avait accès. »

Comment les enseignants ont-ils été formés ?

L'équipe a décidé de se former ensemble pendant les vacances de la Toussaint 2025. Chaque enseignant a suivi la formation débutant de Kid&Zic (environ 3 heures de vidéo) à son rythme.

« En 4 jours, je jouais mes 3 premiers accords — C, F et G7, raconte Thomas, enseignant en CM1-CM2. Je ne pensais pas que c'était possible. » Ce résultat est cohérent avec les données de Hooktheory : ces 3 accords (I-IV-V en tonalité de Do majeur) couvrent environ 80 % du répertoire de comptines enfantines (Burgoyne, Wild & Fujinaga, 2011, McGill Billboard Dataset).

Marie, enseignante en Petite Section, a une approche différente : « Moi, je n'ai pas appris les accords tout de suite. J'ai commencé par les comptines Kaïli avec les tout-petits. Les histoires musicales fonctionnent même sans ukulélé. Puis, petit à petit, j'ai ajouté l'accompagnement. » Cette approche progressive est cohérente avec les travaux de Trehub (2003, Nature Neuroscience) qui montrent que les nourrissons sont réceptifs à la musique bien avant de pouvoir la pratiquer.

Pour maintenir la dynamique, l'équipe a instauré un « café ukulélé » le mardi midi : 30 minutes pour s'entraîner ensemble, échanger des astuces et découvrir de nouvelles comptines. « C'est devenu notre moment de cohésion d'équipe, sourit Catherine. On rit beaucoup. » Ce format correspond à ce que Simmons (2012, Journal of Research in Music Education) décrit : des sessions espacées de 24 heures minimum produisent moins d'erreurs que des sessions rapprochées, grâce à la consolidation procédurale pendant le sommeil.

Le rituel musical quotidien : le cœur du dispositif

L'innovation majeure à Jules Ferry n'est pas l'ukulélé lui-même, mais l'instauration d'un rituel musical quotidien de 10 minutes. 8 enseignants sur 12 l'ont adopté, structuré en 3 temps (Amigues & Zerbato-Poudou, 2000) :

Temps 1 — Comptine d'ouverture (2 min) : la même comptine chaque jour pendant 2-3 semaines, accompagnée à l'ukulélé. Elle fonctionne comme un « rite de passage » entre la maison et l'école. La synchronisation rythmique collective augmente les comportements prosociaux chez les enfants (Cirelli, Einarson & Trainor, 2014, Developmental Science).

Temps 2 — Activité variable (5-6 min) : écoute active le lundi, rythme le mardi, nouvelle comptine le mercredi, pratique le jeudi, choix libre le vendredi. Ce temps variable prévient la lassitude (Dumas, 2009, Construire les rituels à la maternelle, Retz).

Temps 3 — Comptine de clôture (2 min) : une comptine calme qui marque la transition vers l'activité suivante.

Cette approche quotidienne est fondée sur le spacing effect, l'un des résultats les plus robustes de la psychologie cognitive. Cepeda et al. (2006, Psychological Bulletin, 254 études) montrent que l'apprentissage distribué produit une rétention significativement meilleure que l'apprentissage concentré. Cash (2021, Memory & Cognition) a confirmé ce résultat spécifiquement pour le chant : les conditions espacées produisent une meilleure rétention à 3 semaines.

« 10 minutes par jour, c'est plus efficace qu'une heure par semaine, résume Catherine. Et c'est beaucoup plus facile à caser dans l'emploi du temps. »

Quels résultats concrets après un an ?

Après un an d'utilisation (septembre 2025 - février 2026), les résultats sont mesurables :

Adoption : 12/12 enseignants utilisent l'ukulélé au moins 3 fois par semaine. 8 l'utilisent quotidiennement dans un rituel musical de 10 minutes. Ce taux d'adoption de 100 % est remarquable : il confirme que l'accessibilité de l'ukulélé (3 accords de base, aucun barré, apprentissage en quelques jours) lève la barrière identifiée par Maizières (2013).

Répertoire : L'école a constitué un répertoire commun de 25 comptines, du cycle 1 au cycle 3. Les élèves chantent les mêmes morceaux dans la cour, créant un sentiment de communauté. Ce phénomène illustre la fonction sociale du rituel scolaire décrite par Wulf (2004) : « Les rituels réfèrent les professeurs et les élèves les uns aux autres, les lient dans un agir commun. »

Climat scolaire : Catherine note une baisse des incidents de cour depuis la mise en place des rituels musicaux. Cette observation est cohérente avec les travaux de Hallam & Price (1998, British Journal of Special Education) qui ont montré que la musique calme améliore le respect des règles et les performances en mathématiques, et avec Kreutz et al. (2004, Music Perception) qui ont mesuré une baisse du cortisol après le chant choral.

Compétences langagières : Les enseignantes de maternelle rapportent que les élèves qui participent au rituel musical quotidien mémorisent plus rapidement les comptines et ont un vocabulaire plus riche. Ce résultat est cohérent avec Degé & Schwarzer (2011, Frontiers in Psychology) qui ont obtenu des effets significatifs sur la conscience phonologique avec exactement 10 min/jour pendant 20 semaines.

PEAC et valorisation : Le projet a été intégré au PEAC de l'école et labellisé « projet innovant » par la DSDEN Loire-Atlantique. L'école a organisé un mini-concert de fin d'année avec 280 élèves. Le plan chorale (vademecum ministériel 2018) encourage explicitement ce type de restitution collective.

Financement : comment Jules Ferry a monté son dossier

Le financement est souvent l'obstacle perçu comme le plus difficile. À Jules Ferry, Catherine a combiné 3 sources :

1. Crédits EAC de la collectivité. Le PEAC (circulaire n°2013-073) prévoit un financement conjoint État/collectivités pour les projets d'éducation artistique. Catherine a présenté le projet lors de la commission EAC de la mairie de Nantes, en s'appuyant sur l'argumentaire scientifique (bienfaits de la musique sur les apprentissages, conformité aux programmes BO 2015). Montant obtenu : 150 €.

2. Coopérative scolaire. Après vote du conseil d'école, 99 € ont été prélevés sur la coopérative. « C'est 249 € pour 15 enseignants et 280 élèves, soit moins de 1 € par élève et par an. Il n'y a pas d'investissement pédagogique aussi rentable », souligne Catherine.

3. Budget de fonctionnement. Pour la 2e année (2026-2027), Catherine prévoit d'intégrer Kid&Zic au budget de fonctionnement de l'école, comme les manuels ou les abonnements numériques.

Le paiement par bon de commande et Chorus Pro est accepté par Kid&Zic, conformément aux procédures de comptabilité publique. Catherine a eu sa facture en 48 heures.

Pour les écoles qui souhaitent s'équiper, les appels à projets DRAC et les financements du contrat de ville peuvent être mobilisés.

Quels conseils pour les écoles qui veulent se lancer ?

Catherine et son équipe partagent 5 conseils fondés sur leur expérience d'un an :

1. Impliquez toute l'équipe. « L'ukulélé fonctionne d'autant mieux que c'est un projet d'école, pas le projet d'un seul enseignant. Prenez l'abonnement école pour que tout le monde participe. » L'évaluation de Welch et al. (2014, Frontiers in Psychology) confirme que le chant choral régulier améliore le sentiment d'inclusion sociale — un effet qui se renforce quand toute l'école est impliquée.

2. Commencez petit. « Ne visez pas 10 morceaux le premier mois. Une seule comptine bien maîtrisée, c'est déjà une victoire. » Avec seulement les accords C et G7 (2 accords, 1 et 3 doigts respectivement), vous jouez déjà « Frère Jacques », « Petit escargot » et « Une souris verte ».

3. Instaurez un rituel quotidien. « Le rituel musical quotidien est le cœur du dispositif. 10 minutes par jour, c'est plus efficace qu'une heure par semaine. » La méta-analyse de Cepeda et al. (2006) confirme ce principe avec 254 études.

4. Utilisez le mode classe TBI. « Projeter les paroles et accords au tableau, c'est ce qui a débloqué les collègues les moins à l'aise. Ils n'ont pas besoin de mémoriser les accords. »

5. Pensez long terme. Kraus et al. (2014, Journal of Neuroscience) montrent que les changements neuronaux nécessitent 2 ans de pratique régulière, pas 1 an. « La première année, on a vu les effets sur le climat de classe et l'enthousiasme. Les effets profonds sur les apprentissages viendront avec la constance. »

Sources et références

  • Témoignage recueilli auprès de l'équipe enseignante de l'école Jules Ferry, Nantes, février 2026
  • Données internes Kid&Zic : suivi d'usage école Jules Ferry, sept. 2025 - fév. 2026
  • Cepeda, N.J. et al. (2006). « Distributed practice in verbal recall tasks ». Psychological Bulletin, 132(3), 354-380
  • Cash, C.D. et al. (2021). « Optimizing song retention through the spacing effect ». Memory & Cognition, 49, 1592-1603
  • Simmons, A.L. (2012). « Distributed practice and procedural memory consolidation ». J. Research in Music Education, 59(4), 357-368
  • Maizières, F. (2013). « L'éducation musicale à l'école primaire en France ». Recherche & Formation, 73(2), 21-36
  • Maizières, F. (2011). « Rapport au savoir musical des PE ». Éducation & Didactique, 5(2), 53-64
  • Amigues, R. & Zerbato-Poudou, M.-T. (2000). Comment l'enfant devient élève. Paris : Retz
  • Cirelli, L.K. et al. (2014). « Interpersonal synchrony increases prosocial behavior in infants ». Developmental Science, 17(6), 1003-1011
  • Dumas, C. (2009). Construire les rituels à la maternelle. Paris : Retz
  • Hallam, S. & Price, J. (1998). « Can the use of background music improve behaviour and academic performance? ». British J. Special Education, 25(2), 88-91
  • Kreutz, G. et al. (2004). « Effects of choir singing or listening on cortisol and emotional state ». Music Perception, 22(1)
  • Degé, F. & Schwarzer, G. (2011). « The effect of a music program on phonological awareness ». Frontiers in Psychology, 2, 124
  • Kraus, N. et al. (2014). « Music enrichment programs improve the neural encoding of speech ». J. Neuroscience, 34(36), 11913-11918
  • Welch, G.F. et al. (2014). « Singing and social inclusion ». Frontiers in Psychology, 5, 803
  • Moritz, C. et al. (2013). « Links between early rhythm skills, musical training, and phonological awareness ». Reading and Writing, 26(5), 739-769
  • Wulf, C. (2004). Anthropologie : Histoire, culture, philosophie. Paris : CNRS
  • Burgoyne, J.A. et al. (2011). « Expert ground truth set for audio chord recognition ». ISMIR, 633-638
  • Trehub, S.E. (2003). « The developmental origins of musicality ». Nature Neuroscience, 6(7), 669-673
  • MEN/MC (2018). La chorale à l'école, au collège et au lycée — Vademecum
  • Circulaire n°2013-073 du 3 mai 2013 relative au PEAC
  • Arrêté du 9 novembre 2015, programmes d'enseignement cycles 2 et 3, BO n°44 du 26 novembre 2015

Questions fréquentes

Comment financer Kid&Zic pour une école entière ?
Trois sources principales : les crédits EAC de la collectivité (via le PEAC, circulaire n°2013-073), la coopérative scolaire et le budget de fonctionnement. L'abonnement Pro (249 €/an pour 10 comptes) revient à moins de 17 € par enseignant et moins de 1 € par élève. Le paiement par bon de commande et Chorus Pro est accepté.
Faut-il acheter des ukulélés pour tous les élèves ?
Non. À Jules Ferry, seul l'enseignant joue de l'ukulélé pour accompagner le chant des élèves — c'est l'approche recommandée en maternelle et au CP. Pour les classes qui souhaitent faire jouer les élèves (à partir du CE1), un ukulélé soprano coûte 30-50 € à l'unité.
Le projet nécessite-t-il l'accord de l'inspecteur ?
Non. L'ukulélé en classe s'inscrit dans les programmes officiels d'éducation musicale (BO 2015, cycles 2-3) et le PEAC. Aucune autorisation spéciale n'est nécessaire. Informer l'IEN est cependant recommandé pour valoriser le projet et obtenir un soutien institutionnel.
Combien de temps avant que les enseignants soient opérationnels ?
À Jules Ferry, les enseignants jouaient leurs 3 premiers accords (C, F, G7) après 3-4 jours de formation vidéo (15-20 min/jour). En 2-3 semaines, ils accompagnaient des comptines en classe. La clé : l'ukulélé ne nécessite aucun barré pour les accords de base, contrairement à la guitare.
Le rituel quotidien ne prend-il pas trop de temps sur les autres matières ?
10 minutes par jour, c'est 50 minutes cumulées par semaine. Le BO prévoit ~72 heures annuelles pour les enseignements artistiques (arts plastiques + musique). Le rituel s'inscrit dans ce cadre sans empiéter sur les autres matières. De plus, Moritz et al. (2013) montrent que l'entraînement musical quotidien améliore la conscience phonologique — il renforce les apprentissages en français.

Écrit par Fred

Musicien professionnel et formateur musical depuis 15 ans. Auteur chez Hal Leonard, formateur LinkedIn Learning et Skilleos, 80 000+ abonnés YouTube (Musique Facile). Fred a formé des milliers d'enseignants et d'éducateurs à la musique avec l'ukulélé.

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